Évolution démographique à Sainte-Consorce depuis 1801

 
L’évolution du nombre d’habitants dans la commune est connue grâce aux recensements effectués sur la population depuis 1801. L’INSEE est en charge des recensements depuis 1999. L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques est une direction générale du ministère de l’Économie et des Finances. Il a pour mission de collecter, analyser et diffuser des informations sur l’économie et la société française sur l’ensemble du territoire.

Evolution démographique de Sainte-Consorce à partir de données issues de différentes sources dont celles de l’INSEE

Ce graphique retrace l’ensemble des statistiques depuis 1801. De manière générale, on peut remarquer :

  • La chute importante de la population (40%) suite à la scission du territoire avec Marcy le Loup de 1872 : la division du territoire en deux parties égales de 5,8 km2 chacun a amputé la population de 314 habitants sur les 774 recensés en 1866.
  • La légère décroissance du nombre d’habitants jusqu’en 1960 : quid du baby-boom ? Il n’y a pas eu d’effet sur le nombre d’habitants à l’issue de la Seconde Guerre mondiale . Quelles en sont les raisons ? A cette époque, les villes grossissent plutôt bien au détriment des campagnes. 
  • Une croissance en nombre d’habitants : de 410 habitants en 1966 à 2147 habitants en 2024. 

Ce second graphique montre plus distinctement les étapes clés de cette évolution. Il indique les pourcentages annuels moyennés du nombre d’habitants basés sur les recensements qui ont lieu tous les 4 ans désormais, et qui avaient lieu tous les 5 ans auparavant. 

Evolution annuelle du nombre d’habitants (1806-2024)

Comment le calcul est-il réalisé? Si on prend l’exemple de la période 1866-1871, à l’époque de la scission du territoire de Sainte-Consorce avec Marcy-Le-Loup, la population a diminué de 40,6% passant de 774 à 460 habitants. Le recensement a lieu tous les 5 ans à l’époque, ce qui nous fait une évolution négative de 8,1% par an du nombre d’habitants sur cette période. D’où l’expression « Evolution annuelle moyennée ».

On se rend compte sur ce graphique des étapes fortes de l’évolution démographique de Sainte-Consorce :

  • 1966 puis 1971 ont constitué les années « phare » de l’expansion démographique (8,5% par an): c’est le retour à la nature ou la possibilité de construire sa maison via la construction de lotissements et d’habitations sur des parcelles en moyenne de 1500 à 2000m2.
  • cette tendance va se poursuivre jusqu’à la fin des années 90 avec des évolutions annuelles du nombre d’habitants situées entre 2 et 3%.
  • depuis le début des années 2000 et jusqu’en 2016, c’est moins de 2% de croissance démographique, un taux au plus bat depuis 50 ans.
  • entre 2016 et 2020 un sursaut à 1,7% est effectué principalement à priori avec les 2 immeubles construits avenue des combattants et rue des Monts
  • en 2024 et par rapport à la période 2020-2024 cette fois-ci, l’évolution n’est plus que de 1% par an : l’effet de l’immeuble de la rue de Verdun et de ses 35 appartements vraissemblablement.

Dès lors, on ne peut pas dire que « le nombre d’habitants stagne, voire qu’il est en baisse » : le nombre d’habitants n’a jamais été aussi élevé et le pourcentage d’augmentation de la population est de 1% sur les quatre dernières années (2020-2024). Mais il est vrai que cette croissance démographique est en panne depuis le début des années 2010.

Evolutions démographiques comparées de Sainte-Consorce et Marcy-l’Etoile (1968-2024)

Quel est l’objectif de taux de croissance de la population? Y a t-il lieu d’être pessimiste sur ce taux de croissance démographique ? Marcy-l’Etoile notre soeur de sang vit depuis 2016 une décroissance du nombre de ses habitants alors qu’elle est, selon les classements d’attractivité, bien mieux placée que Sainte-Consorce.

L’église de Sainte-Consorce et son clocher

C’est en mars 1832 qu’est prise la décision de construire une nouvelle église à l’emplacement actuel. Cette décision a été prise par le nouveau conseil municipal après plusieurs constats :

  • l’église du « Vieux Bourg » est trop excentrée car située à l’extrémité du territoire (comprenant alors Marcy-Le-Loup)
  • la cloche de l’église, située dans un vallon, n’est pas assez audible
  • l’église est trop petite pour accueillir tous les paroissiens
  • elle est en très mauvais état. D’ailleurs la cloche a été retirée et le clocher démonté deux ans plus tôt…

C’est à l’aide de dons effectués par les membres du conseil municipal Etienne VULDY, Benoît GERVAIS, Benoît ASSADAS, Gaspard TABARD, Pierre SIMON et le curé de l’époque Jean-Pierre ROBERT qu’a été réalisé l’achat du terrain pour la nouvelle église. C’est grâce à la vente de l’ancienne église et aussi à une souscription volontaire au niveau de la population que commence la construction de la nouvelle église en février 1834, sans aucun denier de la commune.

Lors de la construction la foudre provoque la chute du clocher entraînant des détériorations au niveau de la structure du bâtiment. L’église sera néanmoins ouverte au culte en mars 1835 et c’est en 1853 que sera consolidé le mur de façade à l’aide de quatre contreforts sur proposition de l’architecte du département. Ces derniers portent les inscriptions « SC » et « SE » (Sainte Consorce et Saint Etienne).

En 1893, grâce au legs d’un ancien curé de la paroisse J-E AUDOUY et par le conseil de Fabrique (c’est ainsi qu’on nommait le groupe de Clercs et de Laïcs chargés de l’administration de la Paroisse) « la municipalité demande à un architecte lyonnais un devis pour la construction de la flèche : la réception des travaux eut lieu le 21 février 1895 ».

Jusqu’en 1909, le clocher ne comportait pas d’horloge. Là encore, un bienfaiteur de la commune ou de la paroisse se manifeste (un rentier lyonnais au nom d’Antoine DUFOUR) pour que soit installé une horloge à la flèche de l’église à la seule condition que son installation soit réalisée dans l’année…

1834 : début de la construction de l’église actuelle

1835 : ouverture au culte

1853 : consolidation d’un mur de façade

1895 : réalisation du clocher

1909 : installation des quatre cadrans d’horloge

Sainte-Consorce du XIXème siècle à nos jours

En 1892, la statue de Sainte-Consorce est érigée sur un rocher dans un pré. Depuis cette plateforme vers l’est un large panorama s’offre à nous sur l’agglomération lyonnaise jusqu’au Bugey et la chaîne des Alpes . Le terrain où est implantée la statue de Sainte Consorce est propriété communale depuis 1911. La statue est constituée de pierre calcaire. La sainte, vêtue à l’antique, est coiffée d’un voile et chaussée de sandales. Elle est représentée montrant sa paroisse à Notre-Dame de Fourvière. Aux pieds de la sainte se lit le nom de l’hospice Saint-Etienne qu’elle fonda en Provence…  
 
Agriculteur de la seconde moitié du XIXème siècle, c’est pendant ses longues soirées d’hiver qu’ Antoine BRUN (1822-1900) s’adonnait à sa passion: la sculpture sur bois. Il a délaissé son travail ordinaire pour ce qui était sa passion. Plans reliefs de la ville de LYON, édifices lyonnais, nationaux, et internationaux les maquettes qu’il confectionne sont reproduits de visu, ou à partir de cartes postales et de photographies. Ses maquettes en bois (tilleul, noyer, bois divers) furent exposées à l’exposition internationale de LYON en 1914. Le musée Antoine Brun est situé dans la rue portant son nom également.

La mairie, l’école et le cimetière sont construits sur des terrains lui appartenant. 
Sa collection, décimée, est rachetée par le Conseil Général en 1972. Elle est exposée aujourd’hui dans le musée construit avec l’aide du Conseil Général et du Crédit Agricole : 160 maquettes y sont exposées, mais elles ne représentent que 30% de l’oeuvre de l’artiste. Le musée se trouve près de l’église et de la mairie. 
 
En 1900, l’activité économique de Sainte Consorce est constituée exclusivement de blanchisseries (vingt-cinq environ).  
 
L’actuelle école primaire est construite en 1974 et depuis, extensions de classes et aménagements de cantine ainsi que d’espaces sportifs se sont succédés (terrain de foot et city-stade). Dernièrement, des travaux de rénovation énergétique et l’installation de panneaux photovoltaïques ont fait entrer Sainte-Consorce dans le XXIème siècle.

Dates remarquables :  
1834 : début de la construction de l’église actuelle
1835 : ouverture au culte de la nouvelle église
1853 : consolidation d’un mur de façade (église)
1872 : séparation effective entre Marcy-Le-Loup et Sainte-Consorce par arrêté préfectoral
1895 : réalisation du clocher (église)
1909 : installation des quatre cadrans sur le clocher de l’église
1908 : arrivée de l’électricité au centre-village  
1911 : acquisition terrain de la madone et statue
1912 : premier programme d’éclairage public  
1924 : création d’une subdivision de sapeurs-pompiers  
1933 : les hameaux sont alimentés en électricité  
1944 : bombardement du 30 août  
1961 : adduction d’eau et assainissement  
1970 : création du syndicat de communes à vocations multiples des Monts du Lyonnais (SIVOM ex CCVL)  
1974 : création de la nouvelle école primaire
1975 : inauguration du musée Antoine Brun 
1979 : création de la zone artisanale (extension en 2019)
1988 : création de la salle d’animation

La scission du territoire consorçois

La scission du territoire consorçois

En 1826, une école de filles est créée par les religieuses St Joseph.  
 
De 1831 à 1848, les conseillers municipaux sont élus par les habitants de la commune les plus imposés et choisissent ensuite le maire parmi eux. A cette époque le maire fait partie du hameau de Marcy. 
 
En 1832, Etienne Vuldy, Benoît Assadas, François Cazot, Benoît Gervais, Pierre Simond, Louis Collomb, Gaspard Tabard demandent que l’église du Vieux-Bourg soit démolie : le hameau est excentré, l’église est trop petite, délabrée et située dans un val qui « ne permet pas d’entendre suffisamment le son de la cloche aux alentours »… Ils proposent d’en reconstruire une à un meilleur emplacement à l’aide de leurs deniers personnels. Le terrain est acheté au lieu-dit « Le Massenot », l’actuel Centre : on peut dire qu’ils ont très bien choisi le nouvel emplacement! L’actuelle église de Sainte-Consorce est construite en 1834.  
 
En 1834/1835 un instituteur est nommé pour enseigner alternativement sur les deux sections ou hameaux principaux de la commune. A l’époque l’école est dispensée dans des locaux prêtés ou loués chez l’habitant. Se pose alors la question des écoles sur ces deux sections. Faut-il construire des mairies/écoles, racheter le presbytère de Sainte-Consorce pour en faire la mairie/école? Le maire de Marcy-Le-Loup propose d’acheter un terrain à mi-chemin entre Sainte-Consorce et Marcy-Le-Loup pour créer cette nouvelle école, mais le projet est abandonné. 
 
Les rivalités sont à leur paroxysme. En 1844, les premières propositions de division de la commune émergent…  
 
De 1848 à 1852, l’élection des conseillers municipaux est réalisée au suffrage universel : le nombre d’habitants a toujours été plus important à Sainte-Consorce qu’à Marcy. Le maire est à nouveau consorçois.  
 
En juin 1872, c’est à la demande des habitants, que la scission de la commune est effectuée : Marcy-Les-Loups prend le nom de Marcy-l’Etoile . Deux mairies/écoles sont alors construites dans chaque village.  
Le point central de la commune de Sainte-Consorce (Le « Vieux bourg ») est abandonné au profit du centre village actuel.  
 
La construction d’un nouveau bâtiment propre au village de Sainte-Consorce en 1874 (achevée en février 1875), rendue possible par la scission de la commune, permet d’héberger à la fois la mairie et une école de garçons. Cette construction est réalisée grâce à une souscription auprès des habitants. Une classe d’adultes est même autorisée en 1880. Une école de filles est créée en 1886.

Sainte-Consorce juste après la Révolution

De 1800 à 1831, les conseillers municipaux et le maire ne sont plus élus au suffrage universel, mais nommés par le préfet.  
 
Jusqu’en 1802, il n’y a qu’une seule paroisse et qu’un seul curé habitant au Vieux-Bourg. L’ancienne église de Sainte-Consorce, située dans le hameau du Vieux-Bourg et donc dans le centre historique, est excentrée vis-à-vis de son territoire, surtout depuis la cession des hameaux de Larny et Valency à Pollionnay. De plus, le bâtiment est en très mauvais état.  
 
En 1804, l’église est rétrogradée au rang de chapelle par l’archevêché. L’église de Marcy devient la nouvelle église de la paroisse. Les curés y sont nommés et y résident, alors que le nombre de fidèles est 2 à 3 fois moindre… par rapport au Vieux-Bourg. Première grogne des habitants de Sainte-Consorce…  
 
En 1808, le préfet nomme le nouveau maire de la commune qu’il désigne comme étant le maire de la commune de « Marcy et Sainte-Consorce »… Un décret impérial confirme la rétrogradation de l’église de Sainte-Consorce au rang de chapelle soulevant l’indignation des habitants de Sainte-Consorce.  
 
Une lutte s’engage alors entre les représentants de Marcy-Le-Loup et Sainte-Consorce pour prendre le contrôle du village. Le conseil municipal traverse une crise au sujet de la construction et du financement d’un nouveau presbytère à Marcy. Les représentants de Marcy au conseil sont plus nombreux que ceux de Sainte-Consorce bien que la population soit moins importante. Le presbytère de Sainte-Consorce est vendu pour subvenir en partie à la construction du nouveau presbytère de Marcy. Le terrain du nouveau presbytère est donné par Lacroix de Laval, frère du maire de Lyon de l’époque…  
 
Sainte-Consorce devient au niveau communal un hameau de Marcy où les offices ne sont plus célébrés !  
 
La colère est telle que les habitants de Sainte-Consorce accueillent de 1817 à 1822 des chapelains résidants, non nommés et non rémunérés par l’archevêché, mais « entretenus » par les habitants. Les habitants du hameau de Sainte-Consorce désaffectent alors les offices religieux de Marcy. 
Des esprits profitent alors de la situation pour pousser les habitants à se convertir au protestantisme. Des protestants venus de Lyon se réunissent chez la veuve Cazot. Le maire de Sainte-Consorce, Lacroix de Laval et le préfet de Lyon s’opposent à ses rassemblements sous prétexte de débordements. 
 
Le roi Charles X met fin à cette situation à partir de 1825 en faisant en sorte que deux curés soient nommés, l’un à Sainte-Consorce et l’autre à Marcy-Le-Loup.

Sainte-Consorce avant la Révolution

Du Xème siècle à la Révolution, deux seigneuries exercent une emprise foncière, judiciaire et religieuse : la seigneurie ecclésiastique des chanoines de Saint-Just (Grézieu la Varenne) et la seigneurie de Laval.

Celles-ci nomment les prêtres de Sainte-Consorce et Marcy-Les-Loups (ou Marcy-Le-Loup).  

Les habitants de Sainte-Consorce connaissent successivement la peste en 1350 et en 1628, la famine en 1693, et une vague de froid exceptionnel en 1709.  

Du Moyen-Age à la Révolution, paroisse et village sont des notions qui se confondent. Le prêtre gère la paroisse qui représente l’unité administrative.
Le territoire est soumis à la juridiction spirituelle du prêtre. La communauté des habitants convoquée au son de la cloche de l’église du Vieux-Bourg se réunit en assemblée générale pour nommer ses représentants et débattre des problèmes du moment. Le prêtre est aidé de marguilliers dont la fonction principale est d’immatriculer les pauvres sur le registre d’aumône de l’Eglise.  
 
Le village de Sainte-Consorce est constitué principalement de hameaux. Le hameau du « Vieux-Bourg » occupe alors une position centrale par rapport au territoire.  
Les hameaux de Valency et Larny sont rattachés à Pollionnay en 1577 lors d’une transaction entre les chanoines de St Just et le seigneur de Pollionnay.  .  
 
La Révolution amène la création du département du Rhône pendant l’hiver 1789/1790. C’est au printemps suivant qu’une première municipalité est installée : Sainte-Consorce et le hameau de Marcy-Les-Loups ne font alors qu’une seule et même commune, Sainte-Consorce.

La suite va être un peu plus tourmentée…

Consorce: la Sainte Provençale et l’influence clunisienne

Consorce n’est pas un prénom usité et vous ne le trouverez pas dans le calendrier officiel des Saints. Consorce n’est pas une Sainte tel que défini par l’église catholique car elle n’a jamais été canonisée. La canonisation requiert en effet d’avoir réalisé des miracles et permet au Saint d’être vénéré dans l’Église universelle. Ce n’est pas le cas pour Sainte Consorce. Néanmoins, ses actes vertueux et héroïques lui ont donné ce titre sous l’impulsion des moines Clunisiens.

Cette appellation « Sainte Consorce » a été donné à deux reprises sous cette obédience : pour notre village et une église de Savoie qui porte le nom de Sainte Consorce du Sappey. Le territoire du Sappey est un territoire situé entre Annecy et Genève, qui dispose d’une très belle vue sur les Alpes (tiens, ça me rappelle quelque chose!) en particulier sur le massif du Mont-Blanc. Oui! Les moines clunisiens avait une énorme influence sur tout le Sud-Est de ce qu’on nomme aujourd’hui le Sud-Est de la France.

Je n’ai pas trouvé de chapelle ni d’église avec le nom Santa Consõrcia en Andorre, mais une place « Placeta de la Consõrcia » adjacente à la « Placeta Sant-Esteve » elle-même adjacente à l’église Sant-Esteve. Proximité géographique dans Andorre-La-Vieille quand on sait que l’histoire de Consorce est étroitement liée à celle de Saint-Etienne pour lequel elle avait une dévotion toute particulière. On peut penser là aussi qu’une influence ait pu être exercée jusqu’en Andorre… par les moines clunisiens ou d’autres personnes.

Sainte Consorce est une vierge provençale du Vème siècle ayant vévu au bord de la Durance près d’Aix en Provence. Consorce est une des filles d’Eucher (Eucher Le Jeune, car il y aurait eu aussi Eucher l’Ancien à peu près à la même époque et tous deux furent évêques de Lyon, d’où une certaine confusion!). Après la naissance de ses filles, prénommées Galla et Consorce, Eucher se retire dans une grotte puis quelques temps plus tard devient évêque de Lyon. Galla vit alors dans la grotte de son père et Consorce la sert.

Après la mort d’Eucher, Consorce construit une église dédiée à Saint Etienne ainsi qu’un hospice, fait de larges aumônes : elle est désormais une riche héritière occupée à secourir malades et miséreux. Sa réputation fait alors sa sainteté sur tout le territoire d’Aix et ce, jusqu’à Cluny. Elle meurt à l’Escale et est ensevelie dans l’oratoire Saint Etienne. Ses restes furent transportés au Xème siècle du sud de la France à l’abbaye de Cluny où sa dévotion a été très marquée. L’abbaye a été détruite, mais non loin de là, à Berzé-la-Ville, existait un prieuré rattaché à Cluny depuis 1080. Son seul vestige est la chapelle des moines dont l’abside, très richement décorée, montre, sur sa droite, Sainte Consorce portant une croix et emmenant le cortège des six vierges sages, preuve qu’elle fut vénérée à Cluny.

Quel rapport entre l’Escale et Cluny me direz-vous? Ce serait Saint Mayeul, né à Valensole, près de l’Escale et 4ème abbé du prieuré de Cluny de 954 à 994, qui aurait rappatrié les reliques de Sainte Consorce et qui en aurait laissé une dans notre église. Notre village aurait alors été sous l’influence des moines clunisiens.

Si on se réfère maintenant à la description de la statue retrouvée à Aix en Provence et qui ressemble étrangement à ce que l’on peut voir sur le blason de la commune, nul doute que Sainte Consorce de l’Escale au bord de la Durance est notre Sainte Consorce : « ses cheveux sont dorés, la main gauche tient une palme, la droite une bobèche et un chapelet est passé autour du poignet droit ».