Difficultés Commerces à Sainte-Consorce : Pourquoi la Boucherie a Fermé

La lettre apposée sur la vitrine est venue confimer les craintes que certains clients avaient en ne voyant pas la boucherie réouvrir à la fin des vacances d’été.

Il n’y a donc plus de boucherie à Sainte-Consorce.

Voici le texte du gérant, Alexis :

FERMETURE

Voilà, c’est fini
Je ferme la Boucherie, et ce n’est pas de gaieté de coeur.

Mais quand un village se vide, que les commerces ferment — comme la Boulagerie récemment — et que les clients ne sont plus au rendez-vous…

Je ne peux plus tenir.
J’ai tenu tant que j’ai pu, je me suis accroché pour la vie du village,
pour un service de proximité, pour vous clients fidèles.

Mais à un moment, quand il n’y a plus assez de ventes,
il faut ouvrir les yeux : ce n’est plus viable. Je travaille à perte, je m’épuise, et pour quoi ?
Pour voir les portes se refermer quand même.

Je n’avais pas prévu de fermer.
Je voulais continuer mais je n’en ai plus les moyens.

Merci à celles et ceux qui ont continué à me soutenir jusqu’au bout.

Maison Chapelle
Boucherie

En octobre 2024, lorsque j’avais assisté à une réunion de conseil municipal, le témoignage du boulanger, Jean-Christophe, qui était venu solliciter une prise de parole au tout début de la séance (pour relater de la situation de sa boulangerie), avait mis en garde la municipalité d’un probable effet boule de neige : « si j’arrête, d’autres arrêteront ».

Nous y sommes.

De quoi rester perplexe sur l’implantation de nouveaux commerces de bouche à Sainte-Consorce, dans la configuration classique historique : boucherie, boulangerie, … et sur la viabilité des derniers commerces (hors santé) existants : supérette, vente de pizzas à emporter 2 jours /semaine et coiffeur.

Le Centre-Bourg n’est pas sur un lieu de passage : de facto, les commerces vivotent.
Les commerces du village ont une grande concurrence à proximité : ceci est dû à l’étroitesse du territoire de Sainte-Consorce. Les opportunités pour se fournir dans d’autres commerces d’alimentation sont nombreuses. Le territoire est éclaté.
Les habitudes alimentaires changent.
Ce n’est pas le nombre d’habitants implantés sur la commune qui va changer la donne : depuis les années 80 pas plus de commerces bien au contraire pourtant la population a plus que doublé.

Les réflexions sur le PLU en cours sont fondées sur une photo de l’existant qui semble avoir été générée par l’intellignece artificielle : tout va bien, des commerces se sont installés. Alors continuons!

Dès lors ne faut-il pas aborder la question de manière différente après des dizaines d’années d’essai dans cette configuration? Travailler à des scénarios de rupture. Personnellement je pense qu’e oui : il faudra faire d’autres choix.

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« La Petite Boulangerie » c’est fini!

La lettre apposée sur la vitrine ne fait aucun doute : début mars il n’y aura plus de Petite Boulangerie à Sainte-Consorce.

Voici le texte du gérant, Jean-Christophe :

« Chers clientes, chers clients,

C’est avec une immense peine que je vous annonce la fermeture définitive de votre Petite Boulangerie, début mars.

La baisse significative de la fréquentation depuis un an aura eu raison de votre commerce.

L’engagement quotidien de mon équipe pour faire vivre la boulangerie n’aura pas suffi à lui seul pour éviter le stress, la fatigue morale et les désillusions à propos de notre projet de village.

Sainte-Consorce est « un village dortoir », « on ne monte pas à Sainte-Consorce on y passe », voilà quelques-uns des termes entendus pour définir le village face à ce triste constat.

J’étais enthousiaste il y a trois ans lors de la reprise du commerce; je croyais en un commerce de proximité… je m’aperçois aujourd’hui que ce n’est plus vraiment le cas.

Je tiens malgré tout à remercier mes plus fidèles clients depuis trois ans. Soyez sûrs de ma reconnaissance.

Je tiens aussi à remercier chaleureusement mon équipe, Jean-Yves mon boulanger et fidèle complice, Maxime, mon pâtissier, innovateur et talentueux, Solène ma vendeuse du week-end avec sa joie de vivre.
Je leur souhaite bon vent pour la suite.

Votre boulanger, Jean-Christophe« 

En septembre ou octobre, lorsque j’avais assisté à une réunion de conseil municipal, la seconde personne présente dans le public était Jean-Christophe. Il avait sollicité une prise de parole à Mr le Maire avant le début de la séance pour relater de la situation de son entreprise.

Un appel au secours.

Face aux factures d’électricité, à une fréquentation en berne depuis la fin du COVID et au relèvement de son loyer communal, il n’y arrivait plus… Mis en redressement, il parlait d’une fin proche de son activité.

De quoi rester perplexe sur l’implantation de nouveaux commerces à Sainte-Consorce, car la situation n’est pas forcément reluisante ni pour le Proxi ni pour la boucherie.

Ne faut-il pas aborder la question de manière différente après des dizaines d’années d’essai dans cette configuration?
Le Centre-Bourg n’est pas sur un lieu de passage : de facto, les commerces vivotent.
Le village a de nombreux voisins dans un rayon immédiat : ceci est dû à l’étroitesse de son territoire. Du coup, les opportunités pour se fournir dans d’autres commerces d’alimentation de communes voisines sont assez nombreuses.
Les réflexions sur le PLU en cours risquent de ne pas changer grand chose à ce contexte géographique….

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Vous pouvez répondre au sondage! Mais si vous préférez en dire plus sur cette fermeture de commerce ou pour compléter le sondage, vous pouvez laisser un commentaire en bas de cette page.

A partir du 11 mars prochain, un dépôt de pain, de viennoiseries et de pâtisseries sera proposé par la boucherie Chapelle de Sainte-Consorce. Vous pourrez également vous procurer le journal « Le Progrès » dans ce commerce.

Évolution démographique à Sainte-Consorce depuis 1801

 
L’évolution du nombre d’habitants dans la commune est connue grâce aux recensements effectués sur la population depuis 1801. L’INSEE est en charge des recensements depuis 1999. L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques est une direction générale du ministère de l’Économie et des Finances. Il a pour mission de collecter, analyser et diffuser des informations sur l’économie et la société française sur l’ensemble du territoire.

Evolution démographique de Sainte-Consorce à partir de données issues de différentes sources dont celles de l’INSEE

Ce graphique retrace l’ensemble des statistiques depuis 1801. De manière générale, on peut remarquer :

  • La chute importante de la population (40%) suite à la scission du territoire avec Marcy le Loup de 1872 : la division du territoire en deux parties égales de 5,8 km2 chacun a amputé la population de 314 habitants sur les 774 recensés en 1866.
  • La légère décroissance du nombre d’habitants jusqu’en 1960 : quid du baby-boom ? Il n’y a pas eu d’effet sur le nombre d’habitants à l’issue de la Seconde Guerre mondiale . Quelles en sont les raisons ? A cette époque, les villes grossissent plutôt bien au détriment des campagnes. 
  • Une croissance en nombre d’habitants : de 410 habitants en 1966 à 2147 habitants en 2024. 

Ce second graphique montre plus distinctement les étapes clés de cette évolution. Il indique les pourcentages annuels moyennés du nombre d’habitants basés sur les recensements qui ont lieu tous les 4 ans désormais, et qui avaient lieu tous les 5 ans auparavant. 

Evolution annuelle du nombre d’habitants (1806-2024)

Comment le calcul est-il réalisé? Si on prend l’exemple de la période 1866-1871, à l’époque de la scission du territoire de Sainte-Consorce avec Marcy-Le-Loup, la population a diminué de 40,6% passant de 774 à 460 habitants. Le recensement a lieu tous les 5 ans à l’époque, ce qui nous fait une évolution négative de 8,1% par an du nombre d’habitants sur cette période. D’où l’expression « Evolution annuelle moyennée ».

On se rend compte sur ce graphique des étapes fortes de l’évolution démographique de Sainte-Consorce :

  • 1966 puis 1971 ont constitué les années « phare » de l’expansion démographique (8,5% par an): c’est le retour à la nature ou la possibilité de construire sa maison via la construction de lotissements et d’habitations sur des parcelles en moyenne de 1500 à 2000m2.
  • cette tendance va se poursuivre jusqu’à la fin des années 90 avec des évolutions annuelles du nombre d’habitants situées entre 2 et 3%.
  • depuis le début des années 2000 et jusqu’en 2016, c’est moins de 2% de croissance démographique, un taux au plus bat depuis 50 ans.
  • entre 2016 et 2020 un sursaut à 1,7% est effectué principalement à priori avec les 2 immeubles construits avenue des combattants et rue des Monts
  • en 2024 et par rapport à la période 2020-2024 cette fois-ci, l’évolution n’est plus que de 1% par an : l’effet de l’immeuble de la rue de Verdun et de ses 35 appartements vraissemblablement.

Dès lors, on ne peut pas dire que « le nombre d’habitants stagne, voire qu’il est en baisse » : le nombre d’habitants n’a jamais été aussi élevé et le pourcentage d’augmentation de la population est de 1% sur les quatre dernières années (2020-2024). Mais il est vrai que cette croissance démographique est en panne depuis le début des années 2010.

Evolutions démographiques comparées de Sainte-Consorce et Marcy-l’Etoile (1968-2024)

Quel est l’objectif de taux de croissance de la population? Y a t-il lieu d’être pessimiste sur ce taux de croissance démographique ? Marcy-l’Etoile notre soeur de sang vit depuis 2016 une décroissance du nombre de ses habitants alors qu’elle est, selon les classements d’attractivité, bien mieux placée que Sainte-Consorce.

Sainte-Consorce dans le Top 30 des Villes Familiales près de Lyon

Éducation, immobilier, environnement, transports, loisirs, santé, sécurité… Parmi 138 communes de plus de 1500 habitants situées à moins de 30 minutes du centre de Lyon, Le Figaro s’est essayé à classer les communes selon différents critères importants pour des jeunes parents.

Les Lyonnais sont intransigeants. Si leur ville a d’indéniables atouts, ils sont aussi obligés de composer avec certains inconvénients : air pollué, manque de nature, insécurité, logement exigu et cher ou pénurie de crèches… L’arrivée d’un bébé peut être un argument pour déménager loin de cette effervescence parfois épuisante et vivre dans un environnement propice au bien-être. Mais quelles sont les communes aux alentours de la cité des Gones à privilégier quand on veut fonder une famille ? Toutes ne présentent pas les mêmes intérêts. Le Figaro a comparé la qualité de vie de 138 villes et villages situés à moins de 30 minutes de Lyon sur la base de 34 critères importants pour les jeunes parents et ceux qui vont le devenir.

Je n’évoquerai ici que le classement de Sainte-Consorce et des communes avoisinantes parmi ces 138 communes avec le tableau ci-après comportant les 3 critères les plus favorables pour les communes proches. Je vous laisse le soin de découvrir l’étude sur le site Le Figaro afin de noter toutes les subtilités de l’étude et les critères qui ont été choisis. A noter qu’un coefficient est ensuite appliqué à chacun des critères pour aboutir au classement final.

Sainte-Consorce classé 26ème c’est pas si mal! c’est même très bien… Derrière Marcy-l’Etoile et La Tour de Salvagny mais devant Lentilly et Charbonnières, c’est bien plus étonnant surtout au niveau des transports!

Il faut dire que pour les transports c’est la durée en minutes et en voiture de la mairie de chaque commune à l’Hôtel de Ville de Lyon le vendredi 16 août 2024 à 8h qui est pris en compte! Avec toutefois un bonus supplémentaire quant aux possiblités en bus, métro, tram, etc…

Les catégories où Sainte-Consorce le mieux classé? Sécurité et Education. Et celles où nous sommes le moins bien classé? La Santé et l’Immobilier. A noter que nous sommes exaequo avec Marcy-l’Etoile pour ce qui concerne les Transports (74ème) et l’Immobilier (110ème)

Quand on regarde un peu ailleurs sur le web on découvre qu’il existe beaucoup de classements en tout genre vis à vis des communes. Ainsi celui de l’association des villes et villages « où il fait bon vivre » a aussi son classement, son label, ses critères. Effectué sur 34 808 communes, il déterminer la position de chaque ville à l’aide de 187 critères répartis dans onze catégories : qualité de vie, sécurité, santé, transports, commerces et services, transports, éducation, protection de l’environnement, finances et impôts locaux, solidarité, sports et loisirs, attractivité immobilière. Les critères ont été hiérarchisés selon l’ordre de priorité déterminé par les Français dans un sondage OpinionWay. Hélas, Sainte-Consorce ne figure pas encore dans les 3128 communes qui, grâce à leurs excellents résultats, sont éligibles au label des Villes et Villages où il fait bon vivre!

La Tribune de Lyon exploite aussi le filon des classements communaux. Ici c’est un classement des communes autour de Lyon favorable aux enfants : végétation , transports, pistes cyclables et sécurité pour les piétons sont les critères déterminants. C’est Marcy-l’Etoile qui arrive premier.

Dans l’Ouest Lyonnais, lorsqu’on parcourt ces différents classements on s’aperçoit que 5 communes reviennent inlassablement : Limonest, Ecully, Marcy-l’Etoile, La-Tour-de-Salvagny et Charbonnières-les-Bains.

Préserver les vues à Sainte-Consorce

Avec cette ancienne carte postale on comprend mieux pourquoi les habitants de Sainte-Consorce avaient voulu transférer le Vieux-Bourg au Centre actuel. A l’époque pas de monuments aux Morts et une vue magnifique sur la plaine en contre-bas.

Nos courageux ancêtres consorçois avaient initié le transfert du centre village vers le hameau du Massenot : situé alors dans un « trou » les cloches du Vieux-Bourg étaient inaudibles sur l’ensemble du territoire, comprenant alors Marcy-le-Loup. Notre centre actuel avait été choisi en 1872 sur un point haut pour construire la nouvelle église, le presbytère puis la Mairie afin que le son des cloches soit mieux diffusé. Une position plus centrale au niveau du territoire et une vue déjà sublime à l’époque avaient été des arguments forts pour initier cette évolution.

Les années ont passé et le Momument aux Morts a été édifié, les terrains ont été construits ainsi que la nouvelle école primaire.

Vue depuis le monument aux Morts en 2016

Puis ce terrain, occupé par une maison individuelle jusqu’en 2016 a été vendu. Situé juste à côté du Monument aux Morts, il aura révélé un potentiel visuel extraordinaire : lors de la démolition de l’habitation et l’arrachage des arbres sur la parcelle, la vue Sud-Est était tout simplement époustouflante! Quel bel emplacement pour réaliser un belvédère sur la plaine lyonnaise et garder un visuel extraordinaire depuis la place et l’église!
Comme ce qui semblait exister lors de la construction du Centre-Bourg sur cette carte postale retrouvée…

Mais il y a eu la construction de cet immeuble imposant et obstruant. Avec l’arrivée de celui de l’avenue des combattants, la période 2016/2018 marque l’acte 1 de la transformation du centre-village. Le désenclavement du Vieux-Bourg au profit du Massenot n’aura donc pas duré bien longtemps : à peine cent cinquante ans plus tard, la vue depuis la place du village est obstruée. Circulez… il n’y a rien à voir! 
 
Certes, l’obligation des instances régionale et nationale de densifier les centre-villages est une réalité, qui une fois transcrite dans le PLU, donne aux promoteurs des opportunités. Cette obligation existe, et on ne peut l’ignorer. 
Mais il aurait été courageux de mener une politique volontariste forte pour préserver l’une des plus belles vues de l’ouest lyonnais à un endroit qui le méritait. L’unique place du village est désormais encerclée de bâtisses. 
 
Ce qui faisait le cachet principal et inestimable de notre village est donc en train de disparaître petit à petit.  Espérons que l’élaboration du nouveau PLU prévue pour cette année 2025 entérine enfin cette volonté souhaitée par la plupart des consorçois et consorçoises. Oui, la préservation d’un espace ouvert vers la plaine lyonnaise est judicieux, audacieux et un projet fédérateur pour la commune… Une occasion de prendre une décision forte et historique même si elle est coûteuse pour la commune. 
 
L’histoire se répétera t-elle? En tout cas, cette vue en 2016 était trop belle…

L’église de Sainte-Consorce et son clocher

C’est en mars 1832 qu’est prise la décision de construire une nouvelle église à l’emplacement actuel. Cette décision a été prise par le nouveau conseil municipal après plusieurs constats :

  • l’église du « Vieux Bourg » est trop excentrée car située à l’extrémité du territoire (comprenant alors Marcy-Le-Loup)
  • la cloche de l’église, située dans un vallon, n’est pas assez audible
  • l’église est trop petite pour accueillir tous les paroissiens
  • elle est en très mauvais état. D’ailleurs la cloche a été retirée et le clocher démonté deux ans plus tôt…

C’est à l’aide de dons effectués par les membres du conseil municipal Etienne VULDY, Benoît GERVAIS, Benoît ASSADAS, Gaspard TABARD, Pierre SIMON et le curé de l’époque Jean-Pierre ROBERT qu’a été réalisé l’achat du terrain pour la nouvelle église. C’est grâce à la vente de l’ancienne église et aussi à une souscription volontaire au niveau de la population que commence la construction de la nouvelle église en février 1834, sans aucun denier de la commune.

Lors de la construction la foudre provoque la chute du clocher entraînant des détériorations au niveau de la structure du bâtiment. L’église sera néanmoins ouverte au culte en mars 1835 et c’est en 1853 que sera consolidé le mur de façade à l’aide de quatre contreforts sur proposition de l’architecte du département. Ces derniers portent les inscriptions « SC » et « SE » (Sainte Consorce et Saint Etienne).

En 1893, grâce au legs d’un ancien curé de la paroisse J-E AUDOUY et par le conseil de Fabrique (c’est ainsi qu’on nommait le groupe de Clercs et de Laïcs chargés de l’administration de la Paroisse) « la municipalité demande à un architecte lyonnais un devis pour la construction de la flèche : la réception des travaux eut lieu le 21 février 1895 ».

Jusqu’en 1909, le clocher ne comportait pas d’horloge. Là encore, un bienfaiteur de la commune ou de la paroisse se manifeste (un rentier lyonnais au nom d’Antoine DUFOUR) pour que soit installé une horloge à la flèche de l’église à la seule condition que son installation soit réalisée dans l’année…

1834 : début de la construction de l’église actuelle

1835 : ouverture au culte

1853 : consolidation d’un mur de façade

1895 : réalisation du clocher

1909 : installation des quatre cadrans d’horloge

Bilan 2024 pour les PFAS sur Sainte-Consorce et l’UDI Sud Ouest Lyonnais

Quel est le bilan de la qualité de l’eau distribuée en 2024 vis-à-vis des PFAS ?

L’Agence Régionale de Santé a édité le bilan 2024 pour l’ensemble de la Région Auvergne-Rhône-Alpes mais aussi pour l’ensemble des communes de l’UDI Sud-Ouest Lyonnais : Sainte-Consorce, Grézieu-la-Varenne, Pollionnay, Thurins, Brindas, Messimy, Chaponost, Soucieu-en-Jarrest, Vaugneray et Brignais.

L’ARS met à disposition deux documents : un tableau synthétique annonçant la conformité ou la non-conformité vis à vis des PFAS et un tableau de mesures effectuées au niveau des stations et communes.

On rappelle qu’un plan d’action avait été élaboré par le SIDESOL fin 2023 pour diminuer le taux de PFAS. L’objectif est de ne pas dépasser 100 nanogrammes par litre ou 0,1 microgramme par litre (seuil de gestion). Grâce à une nouvelle interconnexion avec Eau Publique du Grand Lyon (eau de Crépieux-Charmy), une sorte de mixage est opéré pour diminuer l’apport de Ternay trop chargé en PFAS.

Tableau synthétique :

Le tableau de synthèse nous indique fin 2024 que l’eau distribué par Suez est conforme. On pourrait donc penser que les valeurs mesurées soient bien inférieures au seuil de gestion de 100 nano grammes par litre. En regardant de plus près les valeurs mesurées (second document de l’ARS), on s’aperçoit que ce seuil de gestion est finement géré avec le mixage des eaux. Pour les différentes mesures effectuées dans l’année sur la zone du SIE Sud-Ouest Lyonnais les valeurs mesurées sont inférieures mais très proches du seuil de gestion. Par exemple pour Sainte-Consorce en octobre 2024 la mesure réalisée est de 95 nano grammes par litre soit très proche du seuil 100 nano grammes par litre !

Tableau de mesures :

SIE Sud-Ouest Lyonnais (mesures 2024)

L‘ARS indique, par ailleurs, que « la limite de qualité réglementaire n’est pas une valeur sanitaire. La limite de qualité réglementaire de 100 nano grammes par litre correspond à une valeur de gestion : il n’est pas naturel de trouver des PFAS dans l’eau. Leur présence est indésirable – indépendamment de l’évaluation d’un risque éventuel – et en conséquence leur concentration doit être aussi basse que possible ». A bon entendeur, salut !

Par ailleurs, vous pouvez retrouver les différents paramètres sur la potabilité de l’eau de la commune ici.

Sainte-Consorce du XIXème siècle à nos jours

En 1892, la statue de Sainte-Consorce est érigée sur un rocher dans un pré. Depuis cette plateforme vers l’est un large panorama s’offre à nous sur l’agglomération lyonnaise jusqu’au Bugey et la chaîne des Alpes . Le terrain où est implantée la statue de Sainte Consorce est propriété communale depuis 1911. La statue est constituée de pierre calcaire. La sainte, vêtue à l’antique, est coiffée d’un voile et chaussée de sandales. Elle est représentée montrant sa paroisse à Notre-Dame de Fourvière. Aux pieds de la sainte se lit le nom de l’hospice Saint-Etienne qu’elle fonda en Provence…  
 
Agriculteur de la seconde moitié du XIXème siècle, c’est pendant ses longues soirées d’hiver qu’ Antoine BRUN (1822-1900) s’adonnait à sa passion: la sculpture sur bois. Il a délaissé son travail ordinaire pour ce qui était sa passion. Plans reliefs de la ville de LYON, édifices lyonnais, nationaux, et internationaux les maquettes qu’il confectionne sont reproduits de visu, ou à partir de cartes postales et de photographies. Ses maquettes en bois (tilleul, noyer, bois divers) furent exposées à l’exposition internationale de LYON en 1914. Le musée Antoine Brun est situé dans la rue portant son nom également.

La mairie, l’école et le cimetière sont construits sur des terrains lui appartenant. 
Sa collection, décimée, est rachetée par le Conseil Général en 1972. Elle est exposée aujourd’hui dans le musée construit avec l’aide du Conseil Général et du Crédit Agricole : 160 maquettes y sont exposées, mais elles ne représentent que 30% de l’oeuvre de l’artiste. Le musée se trouve près de l’église et de la mairie. 
 
En 1900, l’activité économique de Sainte Consorce est constituée exclusivement de blanchisseries (vingt-cinq environ).  
 
L’actuelle école primaire est construite en 1974 et depuis, extensions de classes et aménagements de cantine ainsi que d’espaces sportifs se sont succédés (terrain de foot et city-stade). Dernièrement, des travaux de rénovation énergétique et l’installation de panneaux photovoltaïques ont fait entrer Sainte-Consorce dans le XXIème siècle.

Dates remarquables :  
1834 : début de la construction de l’église actuelle
1835 : ouverture au culte de la nouvelle église
1853 : consolidation d’un mur de façade (église)
1872 : séparation effective entre Marcy-Le-Loup et Sainte-Consorce par arrêté préfectoral
1895 : réalisation du clocher (église)
1909 : installation des quatre cadrans sur le clocher de l’église
1908 : arrivée de l’électricité au centre-village  
1911 : acquisition terrain de la madone et statue
1912 : premier programme d’éclairage public  
1924 : création d’une subdivision de sapeurs-pompiers  
1933 : les hameaux sont alimentés en électricité  
1944 : bombardement du 30 août  
1961 : adduction d’eau et assainissement  
1970 : création du syndicat de communes à vocations multiples des Monts du Lyonnais (SIVOM ex CCVL)  
1974 : création de la nouvelle école primaire
1975 : inauguration du musée Antoine Brun 
1979 : création de la zone artisanale (extension en 2019)
1988 : création de la salle d’animation

Consorce: la Sainte Provençale et l’influence clunisienne

Consorce n’est pas un prénom usité et vous ne le trouverez pas dans le calendrier officiel des Saints. Consorce n’est pas une Sainte tel que défini par l’église catholique car elle n’a jamais été canonisée. La canonisation requiert en effet d’avoir réalisé des miracles et permet au Saint d’être vénéré dans l’Église universelle. Ce n’est pas le cas pour Sainte Consorce. Néanmoins, ses actes vertueux et héroïques lui ont donné ce titre sous l’impulsion des moines Clunisiens.

Cette appellation « Sainte Consorce » a été donné à deux reprises sous cette obédience : pour notre village et une église de Savoie qui porte le nom de Sainte Consorce du Sappey. Le territoire du Sappey est un territoire situé entre Annecy et Genève, qui dispose d’une très belle vue sur les Alpes (tiens, ça me rappelle quelque chose!) en particulier sur le massif du Mont-Blanc. Oui! Les moines clunisiens avait une énorme influence sur tout le Sud-Est de ce qu’on nomme aujourd’hui le Sud-Est de la France.

Je n’ai pas trouvé de chapelle ni d’église avec le nom Santa Consõrcia en Andorre, mais une place « Placeta de la Consõrcia » adjacente à la « Placeta Sant-Esteve » elle-même adjacente à l’église Sant-Esteve. Proximité géographique dans Andorre-La-Vieille quand on sait que l’histoire de Consorce est étroitement liée à celle de Saint-Etienne pour lequel elle avait une dévotion toute particulière. On peut penser là aussi qu’une influence ait pu être exercée jusqu’en Andorre… par les moines clunisiens ou d’autres personnes.

Sainte Consorce est une vierge provençale du Vème siècle ayant vévu au bord de la Durance près d’Aix en Provence. Consorce est une des filles d’Eucher (Eucher Le Jeune, car il y aurait eu aussi Eucher l’Ancien à peu près à la même époque et tous deux furent évêques de Lyon, d’où une certaine confusion!). Après la naissance de ses filles, prénommées Galla et Consorce, Eucher se retire dans une grotte puis quelques temps plus tard devient évêque de Lyon. Galla vit alors dans la grotte de son père et Consorce la sert.

Après la mort d’Eucher, Consorce construit une église dédiée à Saint Etienne ainsi qu’un hospice, fait de larges aumônes : elle est désormais une riche héritière occupée à secourir malades et miséreux. Sa réputation fait alors sa sainteté sur tout le territoire d’Aix et ce, jusqu’à Cluny. Elle meurt à l’Escale et est ensevelie dans l’oratoire Saint Etienne. Ses restes furent transportés au Xème siècle du sud de la France à l’abbaye de Cluny où sa dévotion a été très marquée. L’abbaye a été détruite, mais non loin de là, à Berzé-la-Ville, existait un prieuré rattaché à Cluny depuis 1080. Son seul vestige est la chapelle des moines dont l’abside, très richement décorée, montre, sur sa droite, Sainte Consorce portant une croix et emmenant le cortège des six vierges sages, preuve qu’elle fut vénérée à Cluny.

Quel rapport entre l’Escale et Cluny me direz-vous? Ce serait Saint Mayeul, né à Valensole, près de l’Escale et 4ème abbé du prieuré de Cluny de 954 à 994, qui aurait rappatrié les reliques de Sainte Consorce et qui en aurait laissé une dans notre église. Notre village aurait alors été sous l’influence des moines clunisiens.

Si on se réfère maintenant à la description de la statue retrouvée à Aix en Provence et qui ressemble étrangement à ce que l’on peut voir sur le blason de la commune, nul doute que Sainte Consorce de l’Escale au bord de la Durance est notre Sainte Consorce : « ses cheveux sont dorés, la main gauche tient une palme, la droite une bobèche et un chapelet est passé autour du poignet droit ».